Actualité d’Adriana Wallis

Adrianna Wallis, artiste installée dans le Vercors dont nous avions visité l’atelier en novembre 2023 nous fait part de son actualité

J’espère que vous allez bien et me réjouis de pouvoir enfin vous faire découvrir ce que j’ai traversé et construit ces cinq dernières années.

En 2021, des recherches menées par des historiennes sur le cas de ma grand-mère, la peintre Diane Esmond, m’ont révélé la spoliation de ma famille par les nazis. Quarante-six de ses toiles ont été volées, dont trente-deux détruites. Je me suis alors plongée dans cette histoire, ou plutôt, dans ce tabou familial.

À partir de cette expérience, et avec le soutien du CNAP, j’ai développé un corpus d’œuvres que je présenterai prochainement à la galerie Anne-Laure Buffard à Paris.

En 2023, je suis allée sur les traces de Diane à New York, où elle s’était exilée avec le reste de sa famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale. Je suis allée chez son fils, mon oncle, qui depuis le décès de Diane en 1981 a conservé son œuvre aux États-Unis. Au-delà de certaines toiles volées, j’y découvrais des centaines de peintures et des milliers de dessins réalisés à Paris après-guerre, entassés dans sa cave. “La peinture était sa vie”, m’a t-on toujours dit. J’en prenais la mesure.

Profondément touchée par l’ampleur et la qualité de sonoeuvre, je craignais de voir tout à nouveau disloqué. Et comme souvent dans mon travail, la peur de l’oubli m’animais à nouveau.

En 2025, j’ai donc fait rapatrier une partie de son travail et certaines œuvres ont intégré les collections du Musée de Grenoble, du Musée Carnavalet et du mahJ (Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme) à Paris.

Photos : Ilanit Illouz et Nicolas Brasseur

En 2026, le mahJ présentera l’exposition Itinéraires d’œuvres spoliées, pour montrer les deux toiles récemment acquises de Diane Esmond, ainsi que trois œuvres du peintre Fédor Löwenstein.
Plusieurs rendez-vous accompagneront cet accrochage :
• Le vernissage, le mercredi 18 février de 18h à 21h.
• Le lancement du podcast que j’ai écrit, produit par Arte Radio, le jeudi 26 mars à 19h à l’auditorium du mahJ. Des toiles spoliées aux batteries de cuisine pillées, ce podcast mêle création sonore, archives, récits personnels et le regard du physicien Joël Chevrier
• Une visite guidée de l’accrochage au mahJ, suivie de la visite de l’exposition Il restera la gravité (dialogue Adrianna Wallis – Diane Esmond) à la galerie Anne-Laure Buffard, le mercredi 20 mai.