Nous vous proposons une journée de visites à la rencontre de deux univers singuliers, celui de Marc Pessin, et celui de sa fille Mariette.
Marc Pessin (1933-2022) est un graveur, dessinateur et éditeur français. Installé à Saint-Laurent-du-Pont en 1965 dans son atelier-galerie à l’architecture remarquable, ou voisinaient sa maison d’édition, le verbe et l’Empreinte, son atelier et le centre d’Archéologie Pessinoise.

Sa fille Mariette est une artiste de la mouvance art singulier œuvrant dans le domaine des reliquaires, icônes, ex-voto, sur des mises en scène de notre quotidien. Sa maison-bunker est elle aussi remarquable.
Cette journée est prévue le samedi 13 juin 2026, la famille Pessin nous accueillant à l’atelier galerie d’Aimée et Marc Pessin le matin, à 10h (rendez-vous sur place vers 9h30).
Nous pouvons ensuite pique-niquer, ou déjeuner dans un petit restaurant à prix raisonnable (Les succulentes), et enchaîner l’après midi avec la maison de Mariette.
Le groupe peut atteindre une vingtaine de personnes.
Ceux d’entre vous qui sont intéressés peuvent envoyer un mail à Édouard Schoene.

Le centre d’Archéologie Pessinoise, Atelier Marc Pessin a été construit en 1965 sur les hauteurs de Saint-Laurent-du-Pont. En 1964, Marc Pessin, jouissant d’une certaine réputation, quitte Paris pour s’installer en Chartreuse. Il acquiert la petite colline des Charbinières, au dessus de Saint-Laurent-du-Pont pour y installer son atelier. Les architectes Goubet et Duboin sur une maquette de Marc Pessin, ont réalisé un bâtiment semblable à un chapiteau de cirque. Pour l’édification de son atelier, Marc Pessin a voulu une solution fonctionnelle, une plasticité qui s’exprime en jeux d’angles et de cassures.

Diplômée en 2010 de l’école des Gobelins, Manon Weiser, née en 1982, est une photographe et artiste visuelle française. Après une dizaine d’années passées à Paris, elle vit et travaille maintenant dans les Alpes, en Matheysine. Elle s’est fait connaître pour son approche singulière de la photographie, mêlant techniques anciennes et expérimentations plastiques contemporaines. Son œuvre explore ce qu’elle appelle la « beauté fragile de la détérioration » – l’idée que tout finit par disparaître, se dégrader, se délier. Elle s’intéresse aux mémoires oubliées, aux absences et à l’imperceptible, cherchant à révéler ce qui est immatériel dans le réel. Elle expose régulièrement, en France, et à l’étranger.
Suite à notre demande, elle nous a proposé une rencontre et visite de son atelier, à Susville (près de la Mure), fin mai ou début juin, un après-midi. Compte-tenu de la jauge restreinte (8 personnes), une deuxième date est possible. Un premier groupe est déjà en partie constitué pour le jeudi 28 mai, ceux d’entre vous intéressés par la deuxième visite (date à fixer) peuvent adresser un message à contact@amisdumagasin.com
Pour avoir un aperçu du travail de Manon, il vous est possible de vous rendre à la librairie Les Modernes (6 Rue Lakanal à Grenoble) où elle expose du 3 avril au 5 mai 2026 (vernissage le vendredi 3 avril à partir de 18h30).
Vous pouvez aussi consulter son site : https://www.manonweiser.com
Les Amis du Musée de Grenoble nous proposent deux conférences d’Aline Guillermet, docteure en histoire et théorie de l’art, et Junior Research Fellow à King’s College, Université de Cambridge, dont celle-ci qui a retenu notre attention :

Mercredi 1er avril 2026 à 18h30
Gerhard Richter et la peinture à l’ère technologique
À l’occasion de la parution de son livre Gerhard Richter and the Technological Condition of Painting aux Presses Universitaires d’Edimbourg (2024), Aline Guillermet présente le peintre allemand sous l’angle des sciences et technologies ayant donné forme à ses œuvres, depuis les photos-peintures des années soixante jusqu’aux impressions numériques des années 2000. Portraits, peinture historique, paysages et abstraction : regarder le travail de Richter à travers le prisme technologique permet de conférer une historicité propre à cette œuvre protéiforme qui a si souvent emprunté à la tradition.
Plus d’infos…
La conférence du lundi 30 mars, à la même heure, Peinture, histoire et mémoire dans l’art allemand après 1945 peut aussi vous intéresser, il y sera question de Anselm Kiefer, Konrad Klaphek, Georg Baselitz, Sigmar Polke, et déjà de Gerhard Richter (de notre côté nous serons en réunion de CA).

Nous avons appris avec émotion le récent décès, début mars de Philippe Favier, dont nous avions pu voir en septembre dernier au Musée dauphinois ses antiphonaires lors de la biennale de dessin Saint-Laurent dont il était invité d’honneur. Il en présentait une série minutieusement enluminée de dessins miniatures.
En 2020 il avait investi l’ensemble des salles du Musée de Valence lors de l’exposition All-over, faisant dialoguer quelques 1 200 œuvres avec les collections permanentes, offrant aux visiteurs une immersion dans son imaginaire foisonnant.

Charlotte Perriand – La montagne te-créative
Exposition du 4 avril au 23 août 2026
Vernissage le vendredi 3 avril à 19h
Le musée de Grenoble consacre une exposition à Charlotte Perriand, figure majeure du design et de l’architecture du XXᵉ siècle. Cette manifestation met en lumière un pan encore méconnu de son œuvre : ses photographies de montagne, récemment données par les Archives Charlotte Perriand au musée de Grenoble. Ces images réalisées de 1927 à 1938, d’une intensité poétique rare, sont mises en dialogue avec quelques-unes de ses créations de mobiliers et de réalisations architecturales. L’exposition entend révéler la cohérence intime de l’univers créatif de Perriand, où la montagne ne se réduit jamais à un décor, mais s’affirme comme une matrice de pensée, un lieu de ressourcement et d’expérimentation formelle, à la fois concrète et spirituelle.
Née en 1903 à Paris, au sein d’une famille modeste dont les origines savoyardes nourriront plus tard son imaginaire, Charlotte Perriand appartient à cette génération d’artistes et de penseurs qui, dans l’entre-deux-guerres, ont voulu refonder le rapport entre l’homme, la technique et la nature. Formée à l’Union centrale des Arts décoratifs, elle s’impose très tôt dans le monde encore masculin du design et de l’architecture par son audace et son intuition.
Son œuvre témoigne d’un regard neuf, d’un œil « épris de modernité », pour reprendre ses mots, mais un œil ouvert à 360 degrés sur le monde. Cette curiosité insatiable l’amena à fréquenter les avant-gardes artistiques : Fernand Léger, Ozenfant, Picasso et Dora Maar entre autres dont les approches esthétiques nourrirent sa réflexion. Dans ce bouillonnement d’idées et d’expérimentations, elle forge peu à peu une pensée du design comme acte total — une manière d’habiter le monde plus qu’un simple art décoratif.
Dès les années 1920, elle conçoit des meubles modulaires, épurés, d’une rigueur fonctionnelle inédite, où la beauté découle de la justesse de l’usage. Mais au-delà de l’objet, Perriand poursuit une ambition plus vaste : repenser les conditions mêmes de l’habitat humain. Dans les stations de montagne, notamment aux Arcs, elle invente une architecture humaniste, intégrant le bâti au paysage, respectant la lumière, les matériaux et les rythmes naturels.
Si la contribution de Perriand au design moderne est aujourd’hui largement reconnue, son œuvre photographique, plus discrète, constitue pourtant une clé de voûte de son processus créatif. La photographie, pour elle, n’est ni un passe-temps ni une simple curiosité plastique : elle est un instrument de pensée. Perriand se tient sur la ligne claire du réel : elle cherche la structure sous la beauté, la géométrie sous le paysage. Ses photographies de montagne sont ainsi de véritables études d’architecte : lignes diagonales d’un glacier, verticales d’un pin, horizontales d’une crête, rythmes superposés d’une vallée. Rien n’y est fortuit ; tout y obéit à une logique interne, à une grammaire silencieuse du monde. La nature, observée avec une attention quasi méditative, devient le modèle d’une architecture vivante.