Quelques expositions à voir cet été

Pierre Huyghe à la Fondation Beyeler, Bâle

Exposition du 24 mai au 13 septembre 2026
La Fondation Beyeler présente une exposition inédite consacrée à Pierre Huyghe (1962, Paris), figure majeure de l’art contemporain et reconnu comme l’un des artistes les plus novateurs et influents de sa génération. Conçue exclusivement pour la Fondation, l’exposition réunit de nouvelles œuvres créées pour l’occasion et des œuvres emblématiques de ces dernières années. L’œuvre de Pierre Huyghe se situe à la croisée de la fiction et de la réalité, et explore les limites de nos perceptions. À travers des créations mêlant plusieurs disciplines – cinéma, technologie, biologie, ainsi que des éléments physiques et digitaux – il construit des situations vivantes et évolutives, où émergent de nouvelles sensibilités et subjectivités. L’exposition invite ainsi les visiteurs à explorer l’univers fascinant et incertain de Pierre Huyghe.
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La biennale Biennale (re)connecting.earth (03) – Ressources Sensibles à la Villa du Parc

Exposition du 30 avril au 20 septembre 2026

Ressources Sensibles qui propose pour sa 3e édition un parcours transfrontalier reliant la Comédie de Genève au centre d’art contemporain d’Annemasse, en passant par la Voie Verte et le Léman Express. C’est ainsi plus de 50 œuvres à découvrir ou re-découvrir, sculptures monumentales, vidéos, œuvres d’art public ou conceptuelles et de nombreux rendez-vous scientifiques, pédagogiques et festifs.

Portée par l’association art-werk qui a fait de la sensibilisation à l’art et aux enjeux environnementaux plus qu’un engagement, une véritable proposition pour un futur commun, cet évènement promet de rassembler un large public et d’offrir de multiples occasions de franchir des frontières – entre les pays, mais aussi les êtres et les connaissances.

Imaginée par le curateur de la biennale, Bernard Vienat, l’exposition à la Villa du Parc réunit les œuvres de 11 artistes internationaux·ales autour du thème des ressources géologiques. Il va sans dire que l’actualité mondiale nous a rattrapée dans cette aventure artistique, laquelle sera, nous l’espérons, partagée avec d’autant plus d’acuité et de bienveillance. Ce thème a été choisi relativement à des temps troublés mais aussi à l’espace singulier que nous habitons : de Genève, capitale du commerce des matières premières, à toute une zone frontalière dont le paysage est marqué par la multiplication massive des chantiers de construction en béton répondant à une forte demande immobilière. Produit du creusement du tunnel ferroviaire, la Voie Verte se présente ici comme un espace des possibles, où s’observent un écosystème tout neuf, d’autres rythmes et mouvements, forces motrices de nouveaux imaginaires. Pour l’heure, les œuvres, si elles assemblent des effets visuels, des mythes et des formules poétiques, ne tentent d’aucune manière d’enjoliver la réalité. Sans catastrophisme ni morale, elles ouvrent des pistes de réflexion critique sur notre histoire et nos pratiques d’extraction. Percevoir ces dimensions – sous-terraines, hors-champs, infiniment grandes ou petites – est un exercice sensible auquel nous invitent les œuvres d’art.
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La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8, au MAC de Marseille

Exposition du 4 avril au 20 septembre 2026

Les Musées de Marseille et l’ADIAF, Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français, s’associent pour présenter l’exposition La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées, à l’occasion de la 8e édition de la Triennale De leur temps  qui met en lumière les œuvres acquises au cours des trois dernières années par des collectionneurs engagés dans la valorisation de la création contemporaine (dont quelques œuvres issues de la collection de notre présidente Sylvie Berthemy)..

La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées rassemble ainsi 136 œuvres issues de plus de 70 collections privées françaises et internationale et de mécènes marseillais, traversant tous les champs de la création : peinture, vidéo, sculpture, performance et installation.

L’exposition explore la collection comme un véritable écosystème vivant et interroge le « climat idéal » des musées – cet environnement stable et contrôlé – face aux bouleversements écologiques, politiques et sociaux du monde contemporain.

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Exposition Tursic et Mille, au Carré d’Art de Nîmes

Exposition du 25 avril au 11 octobre 2026

Le Carré d’Art – Musée d’art contemporain consacre une exposition majeure à IdaTursic & Wilfried Mille, dont la pratique en duo, développée depuis plus de vingt ans, interroge de manière frontale les conditions d’existence de la peinture dans un monde saturé d’images. Leur travail ne cherche ni à préserver le médium, ni à en affirmer la pureté, mais à l’exposer à l’excès, à la collision et à la dissonance.

S’emparant de l’ensemble des registres iconographiques, paysage, portrait, nature morte, abstraction, imagerie publicitaire ou références savantes, les artistes composent des peintures traversées par des strates multiples, des interruptions, des accidents et des gestes parasites. Les images y sont prélevées, déplacées, superposées, parfois altérées jusqu’à leur quasi-disparition, produisant des tensions constantes entre figuration et abstraction, reconnaissance et perte de repères.

Cette logique de dissonance, toujours variable, traverse l’ensemble de l’exposition, nous plonge dans l’intimité de l’atelier des artistes et dans une pratique empirique où la peinture fonctionne comme un système dont les règles se déplacent en permanence. Les styles se contaminent, les affects basculent, les motifs circulent d’une œuvre à l’autre. Scènes sentimentales empruntées à l’imagerie d’après-guerre, paysages traversés de catastrophes latentes, motifs floraux, gestes abstraits ou fragments picturaux coexistent dans une proximité volontairement instable. La peinture, omniprésente, agit comme un outil critique, interrogeant, non sans humour, un certain ordre établi, la hiérarchie des goûts et le pouvoir de séduction des images.

Refusant toute définition définitive du médium, testant toujours ses limites, Tursic & Mille étendent la peinture dans l’espace à travers panneaux découpés, bois brûlés, œuvres sur papier, plaques offset qui servent de palette ou fragments autonomes de couleur. La peinture déborde ainsi la toile, elle sort du cadre pour devenir un environnement, brouillant les frontières entre image et objet, surface et matière.

Ancrée dans l’histoire de la peinture tout en la mettant sans cesse à l’épreuve, leur œuvre propose une expérience visuelle où rien ne se stabilise définitivement. Dissonances à géométries variables invite le regardeur à traverser un champ pictural instable, fait de frictions, de contradictions, de répétitions et de déplacements, où la peinture ne représente pas le monde, mais en interroge les formes, les affects et les tensions contemporaines.
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À suivre…

Exposition Alexis Bérar à Allevard

Dans le cadre de nos visites d’ateliers et rendez-vous avec des artistes, nous avons prévu cette automne une rencontre avec Alexis Bérar. Pour ceux qui ne le connaissent pas, l’exposition L’avant de l’après est une occasion de découvrir son travail singulier.

Pour célébrer le bicentenaire de la photographie, le Musée d’Allevard invite Alexis Bérar et Stéphanie Nelson, à explorer ses collections anciennes et contemporaines.
Dans l’exposition L’avant de l’après, leurs photographies interrogent le temps qui passe, la place de la mémoire, l’évanescence des choses et leur disparition … à moins qu’elles ne conservent le souvenir d’un instant, d’un paysage, d’un avant de l’après.

L’avant de l’après – création 2026
Exposition du 23 mai 2026 au 31 octobre 2027, La Galerie – Musée d’Allevard, 2 avenue des Bains
Vernissage le samedi 23 mai à 17h45 dans le cadre de la Nuit Européenne des Musées et de Musées en fête.

Alexis Bérar est né en 1976 à Fontenay-aux-Roses, il vit et travaille à Grenoble. Sa pratique est celle de la photographie, qu’il travaille de manière sérielle, entremêlant champs du documentaire et de la fiction. Son regard se porte sur les traces tangibles autant que sur des indices poétiques. Sa sensibilité est poreuse à l’accident et l’impromptu. Un questionnement est au centre de son processus artistique et lie toutes ses productions, celui de l’habiter – l’habiter entendu comme ensemble d’interactions entre humains et territoires. Autrement dit, comment les humains vivent un territoire et le façonnent et comment le territoire influe sur les humains et induit des manières d’être et de faire individuelles et sociales. Cette pratique se déploie dans un temps long ponctué de résidences artistiques, d’expositions, d’éditions et d’ateliers de transmission qui participent sans cesse à la nourrir et à la déplacer. 

Stéphanie Nelson est née en 1966 à Dijon et vit à Grenoble où elle a travaillé pendant vingt ans pour le spectacle vivant. En 2012, elle décide de se consacrer à la photographie et se forme à l’Atelier Magenta à Villeurbanne, auprès de Dominique Sudre. Ses premières séries fouilleront le caractère mnésique du médium, notamment avec Anders, le chemin du Nord en 2014. Rite initiatique sur les terres norvégiennes de ses aïeux, elle amorce la construction de son écriture photographique. Aujourd’hui son travail documentaire explore, comme une allégorie de l’expérience humaine, la relation entre apparence et identité, illusion et croyance, théâtre et réalité.

Projet labellisé Bicentenaire de la Photographie par le Ministère de la Culture et inscrit dans la programmation officielle du Bicentenaire du 1/09/2026 au 30/09/2027.
Une résidence de création portée par la Communauté de Communes le Grésivaudan.

Exposition Dès potron-minet, au Magasin

Adrien Fregosi Dès potron-minet
Exposition du 14 mai 2026 au 3 janvier 2027
Vernissage le mercredi 13 mai à 18h30

Exposition collective, avec les artistes invités Jean-Michel Alberola, Marion Balac, Laurent Faulon, Damien Fragnon, Roméo Julien, Estrid Lutz, Anita Molinero, Noé Nadaud, Delphine Reist, Saeio, Sophie Guerrive, Martí Sawe.
Commissariat : Margaux Bonopera et Marine Lang, dans le cadre de la programmation de Céline Kopp,
précédente directrice du Magasin CNAC

Le Magasin, est heureux de présenter Adrien Fregosi : Dès potron-minet une exposition monographique de l’artiste Adrien Fregosi, récemment décédé, en dialogue avec des artistes invité‧e‧s.

Ce projet trouve son origine dans l’attache d’Adrien Fregosi au territoire grenoblois. Né à Échirolles, l’artiste a grandi à Meylan et amorce sa pratique artistique à Grenoble au début des années 2000, en contact avec la scène culturelle alternative de l’époque. Durant ces premières années de production, il crée notamment une maison d’édition de fanzines Cotoreich ainsi qu’une galerie, route de Lyon, Going Blind, qui accueille et présente de nombreux artistes. Ces années grenobloises marquèrent formellement et conceptuellement l’oeuvre d’e l’artiste’Adrien, avant qu’e celui-civil ne parte vivre à Sète où il vécut les dix dernières années de sa vie. Il y a développé une œuvre prolifique et hautement poétique, à la fois fragile et puissante, douce et grave. 

Ses travaux trouvent d’abord leur origine dans sa pratique du dessin et sont nourris par des formes contreculturelles allant du graffiti au fanzinat. Puis l’artiste a mené des expérimentations plastiques originales et développé des motifs narratifs reconnaissables et attachants au travers d’une oeuvre picturale unique. Cette dernière se prolonge au travers de sculptures, photos ou éditions, présentées pour certaines pour la première fois.

Au sein de l’espace des galeries du Magasin, l’exposition est envisagée comme une installation globale, anti-hiérarchique, à la déambulation plus instinctive et sensible qu’historique et didactique. Le parcours est imaginé comme une journée, 24 heures à parcourir comme autant de moments qui structurent une vie. Chacune des salles est pensée en relation à un moment précis du jour et aux typicités qui l’accompagnent : soirée, nuit, matin, après-midi, fin de la journée…

Le titre de l’exposition consiste en une expression délicieusement désuète et savoureusement diffcile à prononcer : Dès Potron-Minet renvoie au moment de la journée où les premiers mammifères sortent de leur sommeil et montrent le bout de leur nez ou une autre partie de leur corps, le potron désignant ici le derrière du “minet”, du chat ou de l’écureuil dans une autre acception étymologique. Cette expression au caractère cartoonesque, malin, à la fois enfantin, ancienne et canaille – désignant tout à la fois une irruption de la vie, sa puissance quotidienne, et celle d’une partie de la journée – constitue un parfait condensé de la personnalité de l’artiste et du parcours proposé par les commissaires en hommage à celui-ci.

Une scénographie originale est conçue avec le duo Mr et Mr (Pierre Talagrand et Alexis Lautier) et Serge Damon, concepteur lumière, afin de rendre compte de ce parti pris curatorial. Dans cette perspective, plusieurs artistes et/ou amis seront présentés aux côtés d’Adrien Fregosi dans l’exposition, traçant ainsi une généalogie artistique mais également intime de son oeuvre.

 Ces projets révèlent les conditions matérielles (utilisation d’éléments récupérés), formelles (développement de techniques de sculptures et de  peintures spécifiques) et biographiques de la pratique de l’artiste, Adrien ayant été porteur d’un cancer déclaré en 2013, année qui marque également son départ de Grenoble.


Adrien Fregosi (1980, Échirolles – 2024, Sète) est un artiste dont l’œuvre est avant tout picturale et trouve son origine dans sa pratique du dessin. Elle comporte également la réalisation de photographies, de sculptures ou bien encore de collages. Les scènes qu’Adrien Fregosi peint célèbrent et métaphorisent la vie et sa beauté, ses moments durs parfois, et les émotions souvent antagonistes que l’on traverse à certains stades de l’existence. Maladie, paternité, amour, partage, vie d’artiste, isolement, sont autant de thèmes abordés. La matérialité des peintures d’Adrien Fregosi fait référence à celles de ses inspirations principales, qui ont en commun une certaine pauvreté des ressources utilisées, comme le graffiti, la culture fanzine, la peinture technique à l’aérographe ou encore le retour à la peinture figurative des années 60. L’artiste s’intéresse de près aux productions dites « ignorantes », en marge des scènes institutionnalisées sans pour autant relevées de l’art outsider ou brut.

Visite de l’atelier Marc Pessin et de la maison de Mariette, à Saint-Laurent-du-Pont

Nous vous proposons une journée de visites à la rencontre de deux univers singuliers, celui de Marc Pessin, et celui de sa fille Mariette.

Marc Pessin (1933-2022) est un graveur, dessinateur et éditeur français. Installé à Saint-Laurent-du-Pont en 1965 dans son atelier-galerie à l’architecture remarquable, ou voisinaient sa maison d’édition, le verbe et l’Empreinte, son atelier et le centre d’Archéologie Pessinoise.

Sa fille Mariette est une artiste de la mouvance art singulier œuvrant dans le domaine des reliquaires, icônes, ex-voto, sur des mises en scène de notre quotidien. Sa maison-bunker est elle aussi remarquable.

Cette journée est prévue le samedi 13 juin 2026, la famille Pessin nous accueillant à l’atelier galerie d’Aimée et Marc Pessin le matin, à 10h (rendez-vous sur place vers 9h30).
Nous pouvons ensuite pique-niquer, ou déjeuner dans un petit restaurant à prix raisonnable (Les succulentes), et enchaîner l’après midi avec la maison de Mariette.
Le groupe peut atteindre une vingtaine de personnes.

Ceux d’entre vous qui sont intéressés peuvent envoyer un mail à Édouard Schoene.

Le centre d’Archéologie Pessinoise, Atelier Marc Pessin a été construit en 1965 sur les hauteurs de Saint-Laurent-du-Pont. En 1964, Marc Pessin, jouissant d’une certaine réputation, quitte Paris pour s’installer en Chartreuse. Il acquiert la petite colline des Charbinières, au dessus de Saint-Laurent-du-Pont pour y installer son atelier. Les architectes Goubet et Duboin sur une maquette de Marc Pessin, ont réalisé un bâtiment semblable à un chapiteau de cirque. Pour l’édification de son atelier, Marc Pessin a voulu une solution fonctionnelle, une plasticité qui s’exprime en jeux d’angles et de cassures.

Visite de l’atelier de Manon Weiser, photographe

Diplômée en 2010 de l’école des Gobelins, Manon Weiser, née en 1982, est une photographe et artiste visuelle française. Après une dizaine d’années passées à Paris, elle vit et travaille maintenant dans les Alpes, en Matheysine. Elle s’est fait connaître pour son approche singulière de la photographie, mêlant techniques anciennes et expérimentations plastiques contemporaines. Son œuvre explore ce qu’elle appelle la « beauté fragile de la détérioration » – l’idée que tout finit par disparaître, se dégrader, se délier. Elle s’intéresse aux mémoires oubliées, aux absences et à l’imperceptible, cherchant à révéler ce qui est immatériel dans le réel. Elle expose régulièrement, en France, et à l’étranger.

Suite à notre demande, elle nous a proposé une rencontre et visite de son atelier, à Susville (près de la Mure), fin mai ou début juin, un après-midi. Compte-tenu de la jauge restreinte (8 personnes), une deuxième date est possible. Un premier groupe est déjà en partie constitué pour le jeudi 28 mai, ceux d’entre vous intéressés par la deuxième visite (date à fixer) peuvent adresser un message à contact@amisdumagasin.com

Pour avoir un aperçu du travail de Manon, il vous est possible de vous rendre à la librairie Les Modernes (6 rue Lakanal à Grenoble) où elle expose du 3 avril au 5 mai 2026 (vernissage le vendredi 3 avril à partir de 18h30).
Vous pouvez aussi consulter son site : https://www.manonweiser.com