Les Amis du Magasin étaient du 7 au 10 mai en visite à Bienne, sur un séjour concocté par Catherine Hänni et Frédéric Graf.
Une des participantes écrit : « De Centre d’art en Voirie, de Rotonde en Gewölbe galerie, du Zentrum Paul Klee au Labo.b, vous nous aviez concocté un parcours aussi novateur qu’éclectique. Doublé d’une visite guidée de la ville aussi documentée que vivante et pittoresque. .. Avec autant de simplicité de professionnalisme que de générosité, vous nous avez fait ressentir à chaque étape vos liens artistiques, familiaux, amicaux. Un grand merci. »
Une visite marquante a été celle du Centre d’art Pasquart, sous la houlette de son directeur Paul Bernard.
Le directeur nous expliquait que l’institution gère des collections d’un grand intérêt (dont un fond Duchamp) en précisant avec humour « les ambiguïtés multiples caractérisent ce centre ».
Trois expositions étaient en cours :
• « Le rythme de l’assemblage », exposition réalisée avec un groupe d’étudiant·es du Master en études muséales de l’Université de Neuchâtel à partir de la collection du KBCB.
• Anita Muçolli, « Naviguer dans l’éloignement ».
• Nelly Schaub, Réfutations de refrain
Les dates choisies nous ont permis d’assister au vernissage et à la visite des Journées photographiques, à l’exposition Au Joli Mois de Mai .
Nous avons ensuite visité le centre Paul Klee à Berne, conçu par le célèbre architecte Renzo Piano, « une sculpture paysagère de verre et de béton inondée de lumière », avec une exposition exceptionnelle « Schwitters, l’avant-gardiste inclassable »
Le jour du départ nous avons été accueillis à l’espace B, à La Chaux-de-Fonds, par Jérôme Baratelli Artiste, historien de l’art et professeur honoraire à la HEAD, Haute Ecole d’Art et de Design de Genève. Nous y avons découvert l’exposition de Jeanne Odette, en présence de l’artiste.
Le groupe a été conquis par la ville de Bienne qui nous a été contée avec brio par Frédéric.
La visite du NMB, Nouveau Musée de Bienne, collection Robert et Karl Walser a complété les riches déambulations à travers cette ville, joyau d’une riche histoire ouvrière.

SUBMERSION
Alizée De Pin, Dominique Cunin
Exposition du 1er février au 1er mars 2025 à l’espace Vallès
Vernissage samedi 1er février à 18h
Entrée libre
Submersion met en lumière l’évolution future des glaciers et calottes polaires qui en fondant contribuent à l’élévation du niveau des mers, impactant les côtes et littoraux du monde entier. Dans un triptyque plurimédia combinant les technologies de l’image imprimée et numérique, le public est invité à explorer l’environnement glaciaire, à s’immerger dans des futurs possibles liés à l’élévation du niveau des mers et à découvrir nos actions individuelles ayant le plus d’impact sur la fonte des glaciers et calottes polaires.
Submersion est une exposition commanditée par le CNRS-IGE, dans le cadre de PROTECT. Projecting Sea-Level Rise: from Ice Sheets to Local Implications : PROTECT est un projet de recherche européen piloté par l’Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE), CNRS.
L’exposition est produite par PROTECT, l’ESAD Valence et Alizée De Pin, autrice-illustratice, dans le cadre d’une résidence de recherche-création, organisée par Dominique Cunin, enseignant et chercheur, réalisateur des programmes en réalité augmentée.
LE WORK PACKAGE 8 (WP8) DU PROJET, dédié à la communication, dissémination et l’exploitation des résultats du projet de recherche, prévoit qu’une « oeuvre » fondée sur les résultats de la recherche soit réalisée en collaboration avec l’Ésad•Grenoble Valence.
Dans ce cadre, L’ÉSAD•Valence a ouvert en janvier 2023 un Studio de Recherche et Création (SRC) mené jusqu’à la fin du projet de recherche et impliquant les étudiants et une équipe d’enseignants de l’option Design Graphique.
Pour diriger le travail de conception et l’aboutissement du livrable, Alizée De Pin, graphiste-autrice, est invitée à effectuer une résidence entre l’Esad•Valence et les locaux grenoblois de Protect. Quatre ateliers (4 workshops d’une semaine) avec les étudiants sont organisées avec elle tout au long de la durée de sa résidence.
Le but de cette « oeuvre » est d’interpeller le grand public sur la problématique de la fonte de la cryosphère et la montée du niveau des mers en lui faisant prendre conscience de l’impact de ses actions sur son environnement.
Soirée ciné-conférence avec Mon Ciné jeudi 13 février
- 19h Conférence de Paul Ardenne – Entrée libre
- 20h Apéritif à l’Espace Vallès
- 20h45 Projection à Mon Ciné – Entrée libre
Conférence d’histoire de l’art, jeudi 20 février à 19h
Des œuvres immersives à la réalité augmentée par Fabrice Nesta

EXPERIMENTA, la Biennale du 4 février au 1er mars 2025
Pilotée par l’Hexagone Scène nationale – Meylan
EXPERIMENTA, la biennale, aura lieu du 4 février au 1er mars 2025 sur toute l’agglomération grenobloise, le territoire du Grésivaudan et du Voironnais. Pour sa 12e édition, l’Hexagone s’associe à plus d’une trentaine de partenaires afin de proposer des expositions, des installations, des spectacles, une conférence et une journée professionnelle, pendant 4 semaines. Fidèle à l’esprit de l’Hexagone Scène nationale, EXPERIMENTA, la Biennale met à l’honneur la richesse des croisements entre les Arts et les Sciences, notamment à la faveur des sujets aux interstices des questions sociétales et environnementales. Elle est l’occasion de rassembler plus d’une cinquantaine de propositions artistiques de toutes provenances, de toutes disciplines, de toutes formes et échelles et ainsi de s’adresser au plus grand nombre. En résonance avec les grands enjeux de son époque et de son territoire, EXPERIMENTA tisse des parcours thématiques à travers l’ensemble de ses contenus.
- 17 spectacles du 4 au 21 février en partenariat avec les salles de l’agglomération grenobloise
- 18 œuvres exposées du 8 février au 1er mars dans 4 lieux emblématiques : le site sommital de la Bastille, le musée de Grenoble, le Musée dauphinois, l’Espace Vallès.
- Une journée professionnelle le 7 février à l’auditorium du Musée de Grenoble.
- Une installation monumentale et performative les 8 et 9 février au Grand Marché des Alpes (MIN Grenoble) et une installation immersive de Yann Nguema aux archives départementales de l’Isère Lumières aux archives : Gravity du 4 au 14 février
- Une table ronde le 10 février à Grenoble INP – Ense³, UGA
des rencontres, des échanges, de la curiosité, de l’émerveillement…
Salles et musées partenaires : Le TMG – Grenoble, L’Espace 600 – Grenoble, Le Pacifique CDCN – Grenoble, MC2: Grenoble, Saison culturelle « Échos, tous au spectacle » tournée en Grésivaudan avec l’Espace Paul Jargot – Crolles et l’Espace Aragon – Villard-Bonnot, l’heure bleue – Saint-Martin-d’Hères en scène, L’EST – UGA – Saint-Martin-d’Hères, L’Odyssée – L’autre rive – Eybens, La Faïencerie – La Tronche, La Bobine – Grenoble, Les Vagabondes – Seyssins/Seyssinet-Pariset, Cosmocité – Le Pont-de-Claix, Le Centre des Arts du Récit – Saint-Martin-d’Hères, Le Centre chorégraphique national – Grenoble, Le Grand Angle Voiron & le MALP – Musée archéologique du lac de Paladru, Le Grand Marché des Alpes (MIN) – Grenoble, Le musée de Grenoble, Le Musée dauphinois – Grenoble, L’Espace Vallès – Saint-Martin-d’Hères, La Maison Bergès – Villard-Bonot, Le Centre d’Art Bastille – Grenoble.

Le murmure des simples
Delphine Dénéréaz
Exposition du 21 janvier au 29 mars 2025
Vernissage le samedi 18 janvier à 18h
Formée aux arts appliqués, au design textile tout particulièrement, Delphine Dénéréaz développe une pratique artistique qui renoue avec la tradition de la tapisserie et du tapis de lirette. L’artiste reproduit les mêmes gestes sur les mêmes métiers que des générations de tisserandes ont manipulés pendant des siècles. Si les techniques et les outils n’ont pas profondément évolué depuis les temps anciens, Delphine Dénéréaz innove par les figures, les motifs et les matériaux qui sont tressés dans ses compositions. Soucieuse de l’impact de sa production, elle utilise uniquement des tissus remployés, des rebuts de l’industrie textile ou de la fast-fashion. Ainsi des matériaux considérés comme nobles peuvent être entrelacés avec des rubans nylons aux couleurs criardes. Avec spontanéité et un peu d’irrévérence, elle tisse des œuvres minutieuses et précieuses avec des matières ordinaires, avec ce qui reste ou ce qui n’est plus jugé de valeur…
L’artiste adopte une attitude à la fois de filiation et de transformation vis-à-vis du tissage. Dans ses images, elle fait rentrer des symboles visuels identifiables (objets familiers, logos…) tirés des cultures contemporaines. Elle renoue avec la tradition tout en la contaminant avec des références singulières, ancrées dans notre temps. Si dans le passé, les tapisseries étaient produites pour célébrer des moments majeurs de la vie publique, des grands gestes ou des intrigues de légende ; Delphine Dénéréaz tisse des fragments du quotidien, des scènes de rue, des éléments architecturaux communs ou des icônes emblématiques de notre société. Déployant un récit à recomposer, ses décors évoquent souvent l’adolescence, les années de formation et de constitution d’une identité propre. Parallèlement à ce travail narratif, elle (sur)joue avec un autre sujet cher au genre, celui de l’ornement. Floréals ou géométriques, ses œuvres textiles regorgent de motifs et de textures donnant une charge matérielle aussi bien que visuelle à ses installations.
À la Halle, Delphine Dénéréaz présente un nouveau projet inspiré des plantes médicinales et des cultures médiévales. Elle offre un parcours immersif, parsemé de grandes tapisseries aux allures botaniques et d’installations plus envoutantes et intimes. Jouant avec un imaginaire lié au jardin ou à l’univers domestique, l’artiste pose un décor paisible, où elle nous exhorte à « prendre soin » et à la quiétude. Formellement audacieuse, l’exposition surprend par le geste vertueux qui s’entrevoit dans chaque pièce et par la générosité de la proposition. Derrière ces volumes qui séduisent, Le murmure des simples est surtout une invitation à prendre du recul, à ralentir.
Présentation et lecture du livre Les lettres ordinaires d’Adrianna Wallis et Arlette Farge
Jeudi 16 mars à 19h
à la librairie Les Modernes, 6 rue Lakanal à Grenoble
Entrée libre
Conçu comme une ultime œuvre qui revient unifier et enrichir l’ensemble du projet éponyme d’Adrianna Wallis, l’ouvrage réunit des fragments de lettres, son travail de plasticienne, et plusieurs récits et réflexions : son journal, qui chronique cinq années de création, cheminement et pensées, des réactions de spectateur‧trices, de Liseur‧ses, et le texte réflexif de l’historienne Arlette Farge inspiré de « ce monde en rebuts, inconnu de tous et si signifiant. »
En 2016, Adrianna Wallis s’est interrogée sur le destin des lettres ordinaires qui ne peuvent atteindre leurs destinataires en raison des erreurs d’adressage. Ce projet l’a conduite à Libourne dans le centre dédié de La Poste où les employé‧es ouvrent les plis à la recherche d’indices leur permettant de retrouver l’expéditeur‧trice ou le destinataire. Entre 2017 et 2020, plutôt que de les envoyer au recyclage, la Poste lui a réexpédié des dizaines de milliers de lettres perdues à partir desquelles elle a produit un ensemble de travaux, performances et expositions.
Le livre sera disponible à la librairie, il peut aussi être commandé en ligne.
Les Lettres ordinaires
Adrianna Wallis, Arlette Farge

Il arrive que des lettres ordinaires, une fois expédiées, ne puissent être acheminées faute d’adresse exacte. Ces lettres sont alors envoyées à Libourne, dans un centre dédié de La Poste, dont les employés ouvrent les plis à la recherche d’indices leur permettant d’en retrouver l’expéditeur ou le destinataire. Parfois, ces recherches échouent…
C’est dans ces courriers d’inconnus et d’anonymes qu’Adrianna Wallis, avec l’accord de La Poste, s’est plongée. À partir de dizaine de milliers de lettres datant de 2016 à 2020, l’artiste a produit un ensemble d’œuvres, de lectures et de performances permettant de faire entendre ces morceaux de vie.
En explorant, à l’invitation de l’artiste, cette matière « ordinaire », l’historienne Arlette Farge révèle tout un monde d’espoir, de regrets, de déchirements, empli de cris d’amour ou de haine. Ce sont les mille et une histoires de ces lettres perdues, à la fois fascinantes et bouleversantes, qui revivent sous nos yeux, comme pour ne pas disparaître tout à fait.








