Déjouer la Ville Créative ? – Façonnements urbains autour du Grenoble Street art Fest’ et du graffiti grenoblois

Déjouer la Ville Créative ?
Façonnements urbains autour du Grenoble Street art Fest’ et du graffiti grenoblois
Léa Sallenave

Léa Sallenave, lea.sallenave@unige.ch, est doctorante en géographie à l’Université de Genève, département Géographie et Environnement et Institut Universitaire de Formation des Enseignants

Résumé :

En 2014, le parti écologique d’Éric Piolle remporte les municipales grenobloises. Il accepte de soutenir un nouveau festival, le Grenoble Street art Fest’. Ainsi, depuis 2015, les murs se couvrent d’images fictionnelles inédites et renouvellent l’étiquetage de la cité : elle est à la fois « branchée » et « populaire », attractive et accessible à tous. Comme toute initiative s’inscrivant dans le domaine public, celle-ci est lue tantôt de manière positive (ce festival serait un outil de valorisation territoriale, de cohésion sociale luttant contre les fragmentations spatiales), tantôt de façon critique (il déconsidérerait certains graffeurs, relèverait d’une faible qualité artistique). Quoi qu’il en soit, le festival devient prétexte pour questionner le rôle des images de rue in et off. Elles permettent d’analyser une façon dont peuvent se construire les territoires.

Document complet :
http://journals.openedition.org/echogeo/15609

Du même aureur, et sur le même thème, vous pouvez aussi consulter l’article publié en septembre 2017 dans la revue Urbanités :

Expostion « Absence » au château de la Veyrie

Exposition « Absence » Mémoire d’un lieu vacant 
Collection d’art actuel au château de la Veyrie
Exposition du 26 mai au 16 septembre 2018

Rompant avec la tonalité des trois éditions précédentes, le château de la Veyrie transforme, à l’occasion de la saison estivale culturelle 2018, ses pièces délabrées en appartements habités. Rendus à la lumière et au public depuis quatre ans le temps des expositions thématiques artistiques, les espaces du château deviennent pour l’édition 2018 lieux de vie fantomatiques, jalonnés de mobiliers épars, de souvenirs diffus, et de toute sorte d’objets d’agrément qui semblent voués à l’oubli.

Disposés çà et là au coin d’une table ou accrochés non loin d’un canapé dans le halo jaunâtre d’un vieil abat-jour, la plupart de ces objets puisent dans une collection d’art. À la fois éléments du décor et sujet de l’exposition, ils voisinent – relégués au rang de composants d’ambiance – avec d’autres objets, affectifs, emprunts de mémoire, ou bibelots décoratifs, semblables à ceux qui peuplent nos intérieurs domestiques. Cette proximité voit la frontière entre art et non art s’estomper. En affectant notre perception, elle questionne le statut de l’œuvre et nous renvoie aux appartements du collectionneur. Nombre de formes et support artistiques se trouvent rassemblés – différentes créations imprimées, sculptures, peintures, photographies, objets, œuvres sonores et multimédia – réalisés durant les dernières décennies et émanant d’artistes de notoriété variable.

Jouant du contraste entre emménagement et dénuement du château, Absence fait discrètement référence aux lieux de résidence vétustes ou abandonnés, fastueux en leur temps, érigés en place d’art telle la villa Cameline pour n’en citer qu’un, non sans similitude avec la résidence secondaire des Keller à la belle époque.

En cet été 2018, les salles de la Veyrie se muent donc en décor dont les traces de vie jettent un pont entre deux âges, entre présences passées et vacances d’aujourd’hui, entre l’ère de la modernité industrielle à laquelle les Keller œuvrèrent là, entourés de leurs proches familles et collaborateurs, et le siècle actuel qui, si les efforts de la ville de Bernin aboutissent, érigera durablement le public en nouvel occupant du lieu.

Gilles Fourneris Commissaire d’exposition

Entrée libre samedi et dimanche de 14h à 19h
Ouverture sur demande : veyrie@bernin.fr

Exposition Jeanne Susplugas au Centre d’Art Bastille

Exposition Jeanne Susplugas She’s lost control again
Exposition du 29 avril au 24 juin 2018
Vernissage le samedi 28 avril 2018 entre 18h et 21h

She’s lost control again est la première exposition personnelle de Jeanne Susplugas à Grenoble. Pour cette exposition au Centre d’art bastille, elle présente un ensemble d’œuvres qui permettent d’appréhender les différentes facettes de son travail.

L’œuvre de Jeanne Susplugas s’articule autour de l’enfermement, de la souffrance discrète que secrète la vie domestique ou familiale, des addictions. Sa démarche fait souvent appel aux récits ou aux histoires personnelles, qu’elle collecte pour mieux ausculter les maux de la société.
Explorant la figure de la maison, du foyer, entendu à la fois comme lieu de protection contre un monde extérieur potentiellement hostile, et comme lieu de repli sur soi, de claustration, voire de huis-clos et de violence, Jeanne Susplugas se penche aussi sur le motif du médicament qui, anxiolytique ou barbiturique, vient former un contrepoint à cette souffrance discrète en même temps qu’elle en constitue la métonymie.
Loin d’être démonstratif, le travail de Susplugas entretient un rapport en apparence ténu avec ce qu’il énonce, et présente le plus souvent une forme minimaliste, dont les corps sont presque toujours absents. Ses œuvres semblent neutres, voire séduisantes ou ludiques au premier abord, et il faut les approcher, au sens propre comme au sens figuré, pour pouvoir observer le message qu’elles délivrent. C’est ce qui leur donne toute leur dimension, et permet de renforcer l’idée selon laquelle derrière les surfaces ou les façades lisses, peuvent se dissimuler la souffrance ou l’addiction.

Certaines pièces de l’exposition ont adopté cette forme minimaliste. C’est le cas de Nature morte (2015-2017) qui, dans un matériau – la céramique – uniformément blanc, immaculé, figure des corbeilles de fruits dans lesquelles ont été discrètement posés des médicaments qui semblent ainsi s’inscrire de manière définitive dans le paysage domestique. C’est aussi le cas de la pièce intitulée Graal (2013, collection privée), qui figure un comprimé de Lexomil (célèbre anxiolytique) de 12cm de haut, en cristal, lequel, sectionné en trois parties, semble prêt à être consommé. C’est encore le cas
de Light House (2013), cage de lumière ovoïde de 2,80m de haut dans laquelle le visiteur est invité à s’installer de manière à en éprouver le son sourd et la lumière blanche, le renvoyant sur un mode soft à la solitude, aux fausses promesses des drogues douces, à l’expérience de la dépendance.

D’autres œuvres, plus récentes, semblent faire plus directement écho au titre de l’exposition, She’s lost control again – (« elle a à nouveau perdu le contrôle ») – emprunté au titre d’une chanson écrite par Ian Curtis et interprétée par Joy Division : dans ces pièces, Susplugas brise le carcan de la discrétion et du minimalisme bienséant, et le fait littéralement exploser.


Jeanne Susplugas est née en 1974, à Montpellier.
Elle vit et travaille à Paris.
Elle est titulaire d’un doctorat d’Histoire de l’art de la Sorbone, Paris (2000).

Le travail de Jeanne Susplugas a été montré dans de nombreuses institutions en France et à l’étranger dont la Villa Médicis (Rome), la Maison Rouge-Fondation Antoine de Galbert (Paris), le Palais de Tokyo (Paris), le Musée d’Art Moderne de St Etienne, le Musée de Grenoble, le KW à Berlin, Pioneer Works à Brooklyn, la Emily Harvey Foundation à New York, la Maréchalerie centre d’art à Versailles, le Palazzo delle Papesse à Sienne, le Fresnoy National Studio, le Musée en plein air du Sart Tillman à Liège, le Shanghai 21st Century Minsheng Art Museum, le FRAC Haute-Normandie, la Margaret Lauwence gallery de Melbourne, la Marymount Manhattan College Hewitt Gallery à New York, le Centre d’art Le Lait à Albi, Art in General à New York, Magacin gallery de Belgrade, le Wyspa Institut of Art à Gdansk, La Piscine-Musée d’Art et d’Industrie à Roubaix, au MOCCA de Toronto ainsi qu’à l’occasion d’évènements tels Constellation (pré-ouverture du Centre Pompidou-Metz), Dublin-Contemporary, la Biennale d’Alexandrie, l’International Videonale à Detroit, au Dashanzi International Art Festival ou Nuit Blanche à Paris.

Télécharger le communiqué de presse de l’exposition :
http://www.cab-grenoble.net/pdf/cp_jeanne_2018.pdf


Infos pratiques
L’exposition sera ouverte tous les jours sauf le mardi de 11h à 18h.

Pour bénéficier gratuitement du téléphérique entre 18h et 20h le soir du vernissage, une contremarque sera téléchargeable sur le site internet du CAB :
https://cab-grenoble.net/pdf/contremarque_jeanne.pdf

Qui est l’autre ?, de Marc Augé

Anthropologue de grand renom, Marc Augé a toujours été préoccupé par la question de l’autre : l’autre individu, l’autre société, l’autre culturel, l’autre géographique.

Dans ce livre, il entraîne son lecteur des stades des grandes villes aux lagunes de la Côte d’Ivoire ; il s’interroge sur le sens du cannibalisme, les rêves des Indiens du Venezuela ou la fonction des héros des séries américaines.

Après plus d’un demi-siècle d’observations, il revient ici sur les relations entre le même et l’autre, telles qu’elles existent au sein de populations africaines ou amérindiennes, et telles qu’elles se dessinent de nos jours, dans le contexte de la mondialisation. L’art, la ville et son expansion galopante, mais aussi les nouvelles mobilités et l’essor des prosélytismes religieux, acquièrent, sous le regard de l’anthropologue, un sens inédit.

Il faut savoir pratiquer l’« art du décalage » et se tenir au « carrefour des incertitudes » si l’on veut échapper à l’uniformité, à la fatalité qui voudrait que l’on soit tous les mêmes.

Marc Augé est l’un des plus grands anthropologues français. Il a présidé l’EHESS, où il a succédé à Fernand Braudel, Jacques Le Goff et François Furet.
Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages qui font autorité. Il a notamment publié Génie du paganisme, Non-lieux ou bien encore Une ethnologie de soi, et plus récemment La Sacrée Semaine qui changea la face du monde, qui fut un grand succès.

Liquidation de l’art, de Karel Teige

« L’artiste professionnel est une erreur et aujourd’hui, dans une certaine mesure, une anomalie. »

Et l’art est le manuscrit immédiat de la vie.

Liquidation de l’art contient les premiers écrits de Karel Teige et jette les bases théoriques d’une nouvelle création où “le nouvel art ne sera plus l’art”. En témoignent les reproductions nombreuses et étonnantes qui émaillent ces textes comme ils illustrent parfaitement l’alliance, à première vue incongrue, entre poétisme et constructivisme.

Traduit du tchèque et présenté par Sonia de Puineuf.
Image de couverture : Karel Teige.

 

Éditorial, avril 2018

Le terme d’Art Contemporain est un concept qui qui tente de « promouvoir » l’art de notre temps actuel comme opposition à celui d’avant.

Peut-on scinder un fleuve en périodes ?
Est-il plus ou moins intéressant ?
Je ne me lancerai pas dans une exégèse roborative.
À vos cerveaux pour savoir ce qu’il en est pour vous.

Dans la vraie vie, ceux qui ne sont pas artistes mais sensibles à cet art de leur époque voire les autres, peuvent néanmoins « agir »en faveur de celui-ci.

C’est pourquoi nous vous invitons ardemment à rejoindre les « Amis du Magasin » de Grenoble pour l’année 2018.

Vous verrez sur le compte-rendu que nous faisons une proposition d’intervention dans l’auditorium.

Il est bon de revisiter les expériences positives qui se sont déroulées à Grenoble dans les années 90. Il serait encore meilleur que nous réveillions une certaine idée de l’art comme partie de nos vies et creuset d’énergies.

L’époque parle beaucoup d’énergie ; à chaque détour de phrase, dans quasi toutes les discussions, qu’elles concernent la diététique, la pensée, nos amitiés, le climat etc.

Je vous « prie » donc de nous fournir les vôtres tant il est vrai que l’on est plus efficace quand on est nombreux.

Sylvie Berthemy

Académie de la marche : Je marche donc nous sommes

Le MAGASIN des Horizons continue sa longue marche. Le centre d’art propose un nouveau volet de son vaste projet rhizomique : L’ACADÉMIE DE LA MARCHE dans ses propres locaux sis Site Bouchayer-Viallet. Une nouvelle occasion de croiser travaux d’artistes issus de différentes disciplines, images d’archives et performances marchées sur le territoire. Un ensemble complet qui laisse place aux artistes tout en rendant visible l’extraordinaire créativité des citoyen.nes engagé.es !

Exposition du 26 avril au 14 octobre 2018

Avec Francis Alÿs, Guillaume Barborini, Trisha Brown, Pamina de Coulon, Pauline Delwaulle & Sébastien Cabour , Fabian Foort, Marco Godihho, Clarisse Hahn, Ici-Même Grenoble, Katia Kameli, Corita Kent, Anthony Merlaud & Thibaut Lecront, Anne-Marie Louvet, Bastien Mignot, Bruno Moyen, Jean-Christophe Norman, Yoko Ono, Patricio Pardo Avalos, Johanna Rocard, Matthieu Saladin, Michel Szempruch, Beatriz Toledo & Carolina E. Santo, Endre Tót,  Anne-Sophie Turion & Pia de Compiègne.

La proposition Je marche donc nous sommes décline le versant revendicatif de la marche et examine la manifestation, le défilé, la parade dans ses aspects matériels, historiques et prospectifs. Si la manifestation emprunte dans sa forme aux cortèges processionnels, religieux, corporatifs et festifs, elle s’invente avec le développement urbain et l’invention de la rue !

L’expression revendicative prend forme par nombre d’éléments visibles et créatifs : banderoles, pancartes, chants et slogans… L’humour et la dérision vont de pair avec ces grands et petits rassemblements. Tout est bon pour se faire entendre et surtout voir.

Venant souder la communauté, la marche revendicative est assurément un antidote à l’individualisme et un acte de résistance à l’esprit du temps : l’accélération. La marche est donc bien à envisager comme un mouvement de contre-culture en réaction à la désintégration post-industrielle et postmoderne de l’espace, du temps, du corps. Aussi, ce n’est pas un hasard si les minorités et notamment les artistes se sont emparés de la marche comme medium artistique.


Entrée : prix libre

Ouvert du mercredi au dimanche, de 14h à 18h
Ouvert les jours fériés : jeudi 10 mai et samedi 14 juillet
Nocturne : Nuit des Musées, samedi 19 mai, de 14h à 22h
Fermeture estivale du 16 juillet au 21 août

Visites commentées et groupes
Renseignements : public@magasin-cnac.org

Édito fin d’hiver

Chers amis,

J’espère que les marches et bivouacs divers ont pu ponctuer votre hiver « artistique ».

Les Expos :

Pour ce qui est du « local » je vous invite à vous intéresser à :

L’artiste Marco Godinho, invité du Magasin, qui a réalisé un workshop avec des étudiants de l’Esad (Ecole supérieure d’art et de design de Grenoble) de Grenoble du 5 au 9 mars, coordonné par Patricia Brignone dans le cadre de son cours Art-action. Le résultat dont le titre est : « une marche est une marche est une marche », a donné lieu à divers protocoles de marches fort bien imaginés par les étudiants avec beaucoup d’humour, de rêveries et de qustions posées sur notre société contemporaine.

Je vous invite à très vite retirer ces protocoles dans les locaux de l’école, 25 rue Lesdiguières et à en rendre compte aux étudiants si vous en pratiquez un.

Surtout, ne pas oublier le bivouac 8 :

Rendez-vous vendredi 16 mars à 19h au Musée du temps libre à Saint-Martin-d’Hères pour une série de projections de vidéos d’artistes qui prennent la marche comme objet premier d’expérimentation, suivie d’une rencontre avec Gabrielle Boulanger (archAologue), Philippe Bellanger (marcheur zen) et Lindsey Wainwright (chercheuse marcheuse).

PROJECTIONS VIDÉOS DE :

  • Fayçal BaghricheLe sens de la marche, 2002
  • Guido van der WerveNummer acht Everything is going to be alright, 2007

RENCONTRES AVEC : 

Gabrielle Boulanger (archAologue) / Artiste associée au MAGASIN des horizons.

Elle s’intéresse au potentiel qu’offre la démarche artistique lorsqu’elle investit d’autres espaces que ceux qui lui sont traditionnellement réservés. Elle développe ainsi ses recherches en interaction avec des territoires habités. D’une posture d’observation et d’écoute envers ce(ux) qui les habite(nt), différents dispositifs sont alors déployés, toujours dans un soucis de rencontrer l’auteur qui est en l’autre et de favoriser la fabrique possible d’un commun.
En 2016, elle fonde Le Musée du temps libre et œuvre à réaliser des Portraits de temps libre avec des personnes de divers horizons en vue de former une collection qui valorise des manières singulières de vivre le temps libre. Ce musée a une dimension profondément sociale et participative : il co-construit à la fois la matière exposée et sa monstration avec le public.

Philippe Bellanger (marcheur zen)

Ordonné moine enseignant par le Maître Zen Ryotan Tokuda, Philippe Bellanger pratique la méditation Zen auprès de Maîtres Japonais depuis 40 ans. Depuis 2009, il anime le Groupe Zen de l’éveil qui se réunit toutes les semaines à la Maison des habitants Chorier Berriat à Grenoble et à Annecy dans la structure « A chacun son Everest ». Suite à ses études aux Beaux Arts d’Angers, il à passé un an à Venise à l’UNESCO puis est parti plusieurs années au Japon. De retour en France il devient professeur aux Beaux Arts de Tours, entre à la Galerie du VIA à Paris, travaille avec Jean De Loisy au centre d’art contemporain des Pays de la Loire. Montagnard dans l’âme, il s’installe en Isère en 2001, restaure un vieux moulin et commence là une nouvelle manière d’être artiste, moine et montagnard.

Lindsey Wainwright, chercheuse marcheuse

Chercheuse-marcheuse Lindsey Wainwright est née en 1986 dans un parking marécageux d’un côté de l’Atlantique, et habite depuis une dizaine d’années dans une friche montagnarde de l’autre. Elle marche, elle lit, elle chante, elle traduit, elle médite, et elle chuchote en américain aux animaux. Dans ses recherches, elle s’intéresse à la ville, à sa représentation et à sa pratique, et au commun. Dans sa vie, elle aime la poésie, la vie en communauté, la randonnée, le parcours esthétique, et les tentatives d’exploser les limites de ce qu’on croyait possible.

Une soirée organisée par le MAGASIN des horizons en collaboration avec le Musée du temps libre.


Pour ce qui est du « national » je vous invite à vous intéresser aux expositions de la Maison rouge,

Ceija Stojka (1933-2013)
Une artiste Rom dans le siècle

du 23 février au 20 mai 2018


Texte de l’expo : « Ceija Stojka est née en Autriche en 1933, cinquième d’une fratrie de six enfants dans une famille de marchands de chevaux rom d’Europe Centrale, issue des Lovara. Déportée à l’âge de dix ans, parce que Rom, avec sa mère Sidonie et d’autres membres de sa famille, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen.
C’est seulement quarante ans plus tard, en 1988, à l’âge de cinquante-cinq ans, qu’elle ressent le besoin et la nécessité d’en parler ; elle se lance dans un fantastique travail de mémoire et, bien que considérée comme analphabète, écrit plusieurs ouvrages poignants, dans un style poétique et très personnel, qui font d’elle la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner de son expérience concentrationnaire contre l’oubli et le déni, contre le racisme ambiant.

Son œuvre peinte ou dessinée, réalisée en une vingtaine d’années, sur papier, carton fin ou toile, compte plus d’un millier de pièces. Ceija peignait tous les jours, dans son appartement de la Kaiserstrasse à Vienne.
On note deux axes dans son travail pictural : la représentation, sans omettre les détails, des années terribles de guerre et de captivité endurées par sa famille, par son peuple ; en parallèle elle peint des paysages colorés idylliques, évocations des années d’avant-guerre, quand la famille Stojka, avec d’autres Roms, vivait heureuse et libre en roulotte dans la campagne autrichienne. »

Black Dolls, la collection Deborah Neff

Texte de l’expo :  «  Black Dolls  montre pour la première fois hors des États-Unis la collection Deborah Neff, un ensemble exceptionnel de près de 200 poupées noires créées par des Afro-Américain.e.s anonymes dans les années 1840-1940. Cette collection non seulement révèle des poupées en tissu, bois ou cuir dont la beauté et la diversité sont extraordinaires, mais elle raconte aussi une histoire culturelle, politique et intime inédite des hommes et des femmes noires américaines, de la maternité et de l’enfance.

Pendant près d’un siècle, entre 1840 et 1940, des hommes et une majorité de femmes Afro-Américaines, ont conçu et fabriqué des poupées pour leurs propres enfants, ou les enfants que celles-ci gardaient. Deborah Neff, une avocate de la Côte Est, a bâti en vingt-cinq ans la collection de ces poupées la plus ample et la plus rigoureuse qui ait jamais existé : elle a patiemment mis au jour ces 200 objets considérés jusque-là comme des artefacts domestiques indignes de mémoire, pour en constituer un ensemble dont la beauté, la richesse formelle, l’originalité – en un mot, la valeur artistique – s’imposent puissamment. S’y ajoute un fonds de 80 photographies d’époque, représentant des enfants posant avec leurs poupées entre la période de l’avant- Guerre de Sécession jusqu’au milieu du XXe siècle. »

Sans oublier l’œuvre de Lionel Sabatté dans le patio.

Cet artiste, je vous le rappelle, a été l’invité de la « résidence à Saint Ange » à Seyssins de février à avril 2016 ce qui a donné lieu à une belle expo à l’Esad de Grenoble

Sylvie Berthemy
Présidente

 

Altermuséologie – Manifeste expologique sur les tendances et le devenir de l’exposition

Serge Chaumier, Ed Hermann, janvier 2018

L’exposition est multiple et protéiforme, omniprésente et multidisciplinaire. Pratique culturelle des plus communes, elle connaît un succès indéniable auprès des publics et évolue en fonction des transformations et mutations des sociétés contemporaines. En quoi l’exposition prend-elle son autonomie tant vis-à-vis du secteur du patrimoine que de ses missions originelles d’éducation ? Pourquoi le concept de médiation culturelle doit-il être clarifié ? Forgeant son discours sur ces questions centrales, Serge Chaumier découvre de nouveaux territoires d’exploration et de développement pour l’avenir.
En favorisant l’expérientiel, l’interprétation, l’engagement et la participation, l’exposition accompagne et illustre les formes nouvelles de l’action culturelle.

Le cercle invisible – Environnements, systèmes, dispositifs


Emanuele Quinz, Les presses du réel, nov 2017

«Le public est dans le cercle parce que nous vivons en cercle. […] L’art nous apprend à vivre dans le cercle» expliquait, en 1967, John Cage dans un entretien.
Et c’est bien la voie que l’art entreprend avec les expérimentations des avant-gardes du début du siècle dernier, avec les pratiques de l’installation, de la participation ou de la relation des années 1960 et 1970, et plus récemment, avec les recherches technologiques des années 1990.
Les artistes se détournent des objets pour explorer l’installation, la participation, la relation, l’interaction.
Analysant ces transformations dans une perspective interdisciplinaire, où les arts plastiques croisent la musique, les arts de la scène ou la performance, les essais réunis dans ce volume, écrits «sur le terrain », se déploient en parcours et convergent sur la définition d’un art sans objet, qui, comme un cercle invisible, entoure le public – tout à la fois environnement, système, dispositif.