Exposition Minia Baniany au Magasin des Horizons

Chers amis

Je brise ce trop long silence éditorial pour vous convier fortement à aller vous immerger dans l’exposition de Minia Babiany, jeune artiste de 32 ans.

Les circonstances exceptionnelles (jugées après coup comme telles) dans lesquelles j’ai pu la voir*, m’ont conduite à vous livrer quelques réflexions strictement personnelles.

Un moucharabieh de terre noire, grasse, sensuelle ; posé à même le sol, impose un temps d’arrêt, nécessaire à une vue d’ensemble de l’œuvre.

C’est une injonction implicite, silencieuse, à la dégustation du moment, à la lenteur, à la précaution de ce que trop souvent l’on foule sans conscience.

Bref, on ne peut courir le lieu au pas de charge, sans risquer de détruire l’harmonie du sol et en perdre son sens poétique.

Quelques petits tessons anodins semés de ci de là, racontent leurs histoires ainsi que des paniers d’osier quelque peu calcinés.

C’est par eux que se poursuit la longue déambulation de chacun dans sa petite histoire, dans la grande histoire et dans celle plus vaste de notre planète.

C’est l’une des fonctions essentielles de l’art que de permettre l’évasion, le rêve, l’exil, qui sont les garants que l’on se sente partout chez soi.

Si la phrase : « Les papillons provoquent la cécité quand ils soufflent dans vos oreilles » l’intitulé de l’exposition : « j’ai tué le papillon dans mon oreille » nous décille vraiment pour peu que l’on s’en imprègne.

Cette « traversée sonore et physique vers un au-delà », dépasse largement celui de son archipel : la Caraïbe.

Sylvie Berthemy

(*Seule pendant 1heure dans l’exposition)


Minia Babiany
Née en 1988 à Basse-Terre en Guadeloupe, elle vit et travaille à Mexico et en Guadeloupe.
Diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, elle participe depuis 2011 à plusieurs expositions collectives et personnelles entre autres en France, au Mexique, au Costa Rica, en Colombie, en Allemagne, en Suède.
Elle est lauréate du prix Sciences Po pour l’art contemporain 2019.

Télécharger le communiqué de presse…

Exposition du 20 janvier au 7 juin 2020

 

Write a Reply or Comment

Your email address will not be published.

Why ask?